| Mai 2012 | ||||||||||
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C'est beau de voir un astre s'allumer
Le monde est plein de merveilleuses choses
Douce est l'aurore et douces sont les roses
Rien n'est si doux que le charme d'aimer !
La clarté vraie et la meilleure flamme
C'est le rayon qui va de l'âme à l'âme !
(Victor Hugo "Les Contemplations")
"Ne le dites à nul autre qu'au sage,
Car la foule est prompte à l'insulte.
Je veux louer le vivant
Qui aspire à mourir dans la flamme.
Dans la fraîcheur des nuits d'amour,
Où tu reçus la vie, où tu la donnas,
Te saisit un sentiment étrange
Quand luit le flambeau silencieux.
Tu ne restes plus enfermé
Dans l'ombre ténébreuse
Et un désir nouveau t'entraîne
Vers un plus haut hyménée.
Nulle distance ne te rebute,
Tu accours en volant, fasciné
Et enfin, amant de la lumière,
Te voilà, ô papillon consumé.
Et tant que tu n'as pas compris
Ce : "Meurs et deviens"
Tu n'es qu'un hôte obscur
Sur la terre ténébreuse."
Aujourd'hui, j’étais soudain prise de panique à l’idée que tout ce que je venais de vivre et le sens que je voulais donner n’était en fait que le fruit de mon imagination et mon obstination à vouloir expliquer ma vie en inventant de petits scénarios. L’imaginaire venait de remplacer la réalité des choses et des évènements. Je me retrouvais seule soudain, orpheline de père, de mère, du monde qui m’entoure ; l’espace redevenait vierge, inconnu, étranger, inhospitalier, prêt à me sauter au visage sans que je puisse en prévoir l’assaut.
Et si, à l’heure ou j’écrivais ces lignes, tout était terminé sans que j’en comprenne le sens. Mais qu’avais-je donc à m’avouer qui m’effrayait autant et qui m’empêchait d’y voir clair.
Peut-être conviendrait-il de me détacher de tout ceci, de prendre enfin ma liberté et vivre tout simplement ce que j’ai à vivre.
Il conviendrait donc que je renonce au sens et que je réapprenne à voir, à diriger librement mes actes en faisant des choix de vie, tout en restant consciente que ces choix porteront sur les hasards qui se présenteront ; il conviendrait que je redevienne maître de mon navire.
Je compris soudain que j’étais bien en vie, avec mes doutes, mes angoisses ; je venais d’émerger de ce que j’avais nommé la nuit de l’esprit. La nuit de l’esprit n’était pas une vie dénuée de sens mais bel et bien une vie imaginaire. Une maladie sournoise qui brouille les pistes ; elle nous fait vivre toute une vie comme si nous vivions enchaîné dans une prison sans en avoir conscience. La clairvoyance avait remplacé la nuit mais je n’étais pas prête à arrêter d’espérer. Pourtant il le fallait.
« O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible » (Pindare, 3ème
Pythique).
Sensa