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Lundi 16 avril 2007 1 16 04 2007 12:14

Paul Claude Racamier "L'Antoedipe"

"Trouver un semblant d'identité dans le déni de ses propres origines est une constante acrobatie. Un leurre dites vous? Certes, mais le quitter c'est perdre le peu que l'on a. C'est ainsi que j'ai vu des patients pris de vertige devant le vide existentiel qu'ils rencontrent lorsqu'ils commencent à déposer les frusques de leur faux moi. Il serait déraisonnable de trembler avec eux, mais désinvolte de les pousser en avant sans mesurer leur peur. Et cela, d'autant que ce sujet qui descend à la recherche de soi, non seulement abandonne le manteau de la grandiosité, mais va devoir reconnaitre que ses parents l'ont trompé. Il va prendre la mesure d'une mère qui l'a discrédité, tout en le hissant sur un trône illusoire. Une imense rage l'habite, qui l'épouvante. Cette rage meurtrière lui fait d'autant plus peur que la mère implacable qui l'a nourrie se donnait incessament pour fragile. ... . Quand on a volé aux altitudes de l'antoedipe enivrant, non seulement les générations paraissent futiles ou effrayantes, et les détails de la vie inconsistants ou monstrueux, mais les affects les plus communs peuvent souffler comme des ouragans dévastateurs".

Par Sensa - Publié dans : Livres
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Mercredi 4 avril 2007 3 04 04 2007 17:19

Dans le « courage d’être soi », J. Salomé nous raconte l’histoire d’une vache qui aperçoit Jacques CHIRAC ; que voit-elle ? Voit-elle l’actuel Président de la République. Non, bien entendu. Cette vache ne voit qu’un homme, un être humain semblable au commun des mortels.  

Nous pouvons en déduire que nous ne pouvons voir que ce que nous possédons à l’intérieur de nous-même. En conséquence, nous ne pouvons découvrir le monde, les gens, si nous n’avons pas, préalablement découvert ce qui existe au fond de nous, ce que nous sommes vraiment.

Par là même, nous ne pouvons donner que ce que nous possédons et à l’inverse, nous ne pouvons donner ce que nous ne possédons pas.

C’est plus précisément ce dernier point que je souhaite approfondir.

Depuis notre naissance, nous sommes contraints de donner ce que nous ne connaissons pas encore : l’amour. Enfant, nous sommes dans un état de dépendance totale avec nos parents aussi, l’enfant n’aime pas ses parents.

On nous oblige à embrasser enfant nos proches, notre famille, comme s’il était inscrit dans les lois naturelles « quoi qu’il arrive, tu te dois d’aimer tes proches ».

Mais au nom de quelle loi devons-nous exiger d’un enfant qu’il adopte nos sentiments. 

Il convient de laisser l’enfant s’éprouver lui-même et ressentir par lui-même ses propres sentiments, son attachement ou détachement auprès de telle ou telle personne. Exiger de lui qu’il adopte nos propres sentiments devient de la tyrannie.

Exiger qu’il donne ce qu’il ne possède pas encore est un acte de tyrannie, ce n’est pas l’acte d’un être humain. Exiger de lui qu’il nous aime, nous parents, est de la tyrannie.

Nous pouvons forcer une personne à nous suivre, à adopter notre manière de vivre, mais nous ne pouvons en aucun cas forcer une personne à nous aimer. Nous-mêmes n’avons pas le choix d’aimer ou pas une personne. L’amour est personnel, il est du domaine du ressenti, il ne se programme pas.

Nous sommes programmés à aimer nos proches avant d’être programmés à nous aimer nous-même. Quelle erreur.

Comment pouvons-nous aimer le monde sans s’apprécier soi-même étant donné que nous ne pouvons voir chez l’autre que ce que nous possédons nous-mêmes au fond de nous. Cet amour que nous exigeons de l’enfant est un amour narcissique, fait de dépendance mutuelle, pour lequel nous exigeons être payés en retour par l’enfant que nous avons décidé de mettre au monde.

Cette nourriture que nous exigeons n’est pas de l’amour.

L’amour n’existe que dans le don, le dévouement, la relation à l’autre dans un but désintéressé. Aimer c’est se rapprocher de l’altruisme.

Et si nous refusions de donner ce que nous ne possédons pas car, en définitive, cela revient à ne rien donner du tout car la personne à qui nous pensons donner ne recevra jamais qu’un semblant d’amour et demeurera dans l’insatisfaction. Comment pouvons-nous donner de l’amour qui n’existe pas en nous. Nous sommes tous dupes, aveugles, abusés, nous sommes de grands acteurs dans cette pièce de théâtre, devenons plutôt les acteurs de notre propre vie et non celle de nos proches.

L’Homme est libre, libre d’agir, libre de penser et libre d’aimer, ne l’oublions pas.

Par Sensa - Publié dans : Sensa écrit
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Lundi 14 août 2006 1 14 08 2006 21:25

Il paraît que quoi que fassent les parents, ce sera toujours mal disait Freud.

Mais que voulait-il dire par là ?

Disait-il cela pour pointer le fait que tous les parents sont mauvais, mais dans quel but ?

Peut-être voulait-il tout simplement mettre en avant le fait que la bonne éducation est justement celle qui sera remise en cause plus tard par l'enfant. La bonne éducation serait donc celle qui serait déclarée "mauvaise" plus tard.

Si l'éducation est déclarée mauvaise par l'enfant cela veut dire que l'enfant est devenu un homme, qu'il se sent libre de penser et de reprocher à ses parents l'éducation qu'ils lui ont donnée ; il est libre et n'est plus tenu par ce lien affectif qui l'empêche de s'exprimer au nom du respect, du respect des anciens.

Mais respecter l'autre n'est-il pas justement de le respecter dans sa liberté, sa liberté première qui est de s'exprimer et de "penser", et pourquoi pas de s'opposer à ses parents. Cette différence doit être accueillie par le parent et non pas rejetée, il en va du respect de l'enfant et du petit homme à venir. C'est au nom de ce respect là que le parent se doit de respecter son enfant.

Si l'éducation n'est pas déclarée "mauvaise" plus tard, si l'enfant la trouve même "bonne", sans rien à redire ou parfois si peu à redire qu'il va même essayer de la reproduire et faire comme ses parents, c'est qu'il continue à être soumis, imaginairement, à la façon de faire de ses parents, comme si lui n'était pas devenu totalement autonome car il est tenu par les chaines affectives du lien qui le lie à ses parents.

 

La bonne éducation, c'est celle qui doit toujours être contestée par celui qui a été éduqué : celle loi, les parents ne nous l'enseigne pas parce qu'eux-mêmes ne l'ont pas appris de leurs propres parents. C'est dans cet esprit que les parents doivent éduquer un enfant, pour qu'il puisse un jour contester leur éducation même s'il est dûr d'accepter que l'on s'est trompé et que l'on a pu faire souffrir son propre enfant alors que nous avons penser tout faire pour que l'enfant soit heureux. Les parents doivent accepter que l'enfant soit différent, soit choquant, contraire à l'idée qu'il s'est faite de l'enfant de ses rêves.

 

En définitive, les parents devraient s'excuser de l'éducation qu'ils ont pu donner à leur enfant.

C'est cela être parent, être lucide et accepter de souffrir. Aimer un enfant c'est accepter dès sa conception que notre métier est voué à l'échec mais que nous en acceptons la responsabilité à n'importe quel prix pour qu'un jour notre enfant devienne un homme libre.

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Lundi 12 juin 2006 1 12 06 2006 22:31
Dans la peau d'une autre

"Se mettre parfois à la place des autres nous montre combien notre vie peut être riche tout en étant pauvre"

Aujourd’hui, je suis obligée d’attendre la visite de mon médecin de famille au château. Alors, j’ai décidé de renouveler l’expérience du mois dernier. Je ne suis pas du tout initiée à cette nouvelle « science » du peuple (même si ce mot ne me semble pas du tout approprié mais ceci n’engage que moi bien entendu), en effet : je suis quelque peu outrée par le comportement de certains individus et notamment de ces gens qui font partie de la basse classe.

 

Hier, je me suis dit qu’il fallait voir ce qui se cachait derrière ce net qui n’est pas très net à mon avis. J’ai donc écrit à ces individus et, à ma grande surprise, aucune réponse.

Je comprends que ces gens là, ces pauvres gens, ces mal éduqués, n’ont pas jugé répondre, ne serait-ce que par simple courtoisie. Vous comprendrez l’offense dont je fus victime. Quelques leçons de savoir-vivre leur seraient d’un grand secours mais, que voulez-vous, ces derniers bénéficient de l’anonymat, aussi préfèrent-ils agir dans l’ombre, quelle bassesse d’esprit !

Répondre courtoisement à ma lettre ne les rendrait pourtant pas plus pauvre et en plus, ils n’auraient même pas à acquitter la taxe postale en vigueur même si pour ce dernier point, je rejoins l’avis de mon époux, haut fonctionnaire respectable, payer une taxe serait à mon avis approprié car ils bénéficient à mon insu de la lecture gratuite de mes propos, ou tout simplement de l’opportunité de pouvoir converser avec une personne de mon rang, avec toute la satisfaction et la valorisation de soi que cela peut leur procurer, et tout ceci en toute gratuité ; en sont-ils réellement conscient ? Ceci est à mon avis du vol détourné mais, que voulez-vous, la justice ne peut être « au four ou au moulin en même temps ». Où en étais-je ?

Cette attitude ne me surprend pas de ces gens là, il s’agit bien d’une attitude « populaire » qui d’ailleurs ne m’importe que si peu. Je ne fréquente pas ce genre d’individu.

Je  discutais l’autre soir avec Sieur Gontrand de la Roche Fauchée, entre vous et moi : cet homme est un dieu (et je ne crains pas le blasphème), je vous l’assure. Président de l’Association des petites sœurs du couvent du Mont Richard, où fut d’ailleurs sacrée none ma petite fille Sœur Mathilde née Scalpel du Bistouri, j’ai toujours une pensée pour lui. Notre famille est une famille respectable et si ce n’était pas pour mon petit fils, je cesserai dès aujourd’hui de blasphémer et de compromettre ma situation en écrivant sur ce net à ces gens là.

Bien heureusement pour moi, mon époux n’aura mot de mon égarement car, comme j’ai pu vous le préciser dernièrement, c’est un homme très investi dans son affaire aussi, devons-nous prendre rendez-vous pour nous voir. Mon agenda étant également très rempli par les responsabilités qui m’incombent et notamment celles liées à mon rang. En effet, je vous l’avoue et vous mets dans la confidence, et que dieu m’en tienne grâce, je suis une Duchesse. Vous comprendrez maintenant pourquoi je tiens à garder l’anonymat car il est inconcevable que mon nom apparaisse dans des échanges de correspondances qui pourraient nuire à ma réputation. Aussi, je souhaiterais lorsque vous m’écrivez que vous initiez votre lettre par : Madame la Duchesse et bien entendu le vouvoiement sera de vigueur, ce qui permettra à chacun de garder sa place dans la hiérarchie sociale et bien entendu de ne pas en franchir les limites. Je ne tolèrerai aucune insulte, aucune question sur ma vie privée ou sur ma famille, aucune question sur mes activités mondaines ni sur rien d’ailleurs qui pourrait me toucher de prêt ou de loin, ou bien, aucun sujet qui n’aura été préalablement approuvé par mes soins.

Il est temps à présent de nous quitter. Vous comprendrez que la vie mondaine n’est pas de tout repos, cette vie que vous enviez tant...

Je vous salue et attends impatiemment vos réponses...

Par Sensa - Publié dans : Sensa écrit
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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 12 2005 14:48
Nous portons en nous la mort comme nous portons en nous la vie. Nos cellules naissent, grandissent, se reproduisent et meurent. Comme tout être vivant, l’Homme a appris dès son plus jeune âge qui de ce combat en sortira vainqueur. La vie est vouée à l’échec dès nos premières secondes de vie et ceci est irréversible, nous le savons tous. Cette crainte de l’issue fatale nous pousse à nous trouver toutes sortes de raisons qui nous permettront d’accepter l’idée et le long chemin de croix qui mène au néant. Dieu nous promet l’immortalité de l’âme dans l’au-dela, un monde paradisiaque et accessible à ceux qui ont choisi de lui donner sa vie d’homme mortel. Aimer dieu par dessus tout jusqu’à lui en sacrifier sa propre vie pour obtenir en retour, la vie éternelle ; la vie éternelle pour oublier le malheur de notre propre vie.
 
« Mais que faites-vous de la maladie, les guerres, la famine, l’exploitation, les humiliations, les tortures et j’en passe… ? La vie ne mérite pas d’être vécue lorsqu’elle n’est que souffrance ? Est-ce cela la vie d’un homme mortel ? La vie n’est elle pas injuste ?
 
« Nous sommes lents à croire ce qui fait mal à croire » (Ovide). Nous nous demandons tous ce que la vie nous a donné avant de nous demander ce que nous-mêmes donnons à la vie et au monde. La vie ne se donne pas, pas plus qu’elle ne se transmet, ni ne se prend ou ne se perd. La vie n’est ni le bonheur ni le malheur. La vie est une conquête de chaque jour et de chaque seconde. S’il n’y a pas de combat, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. La vie doit se conquérir et seule cette conquête nous fera nous sentir plus en vie.
Le plus dûr reste à venir en effet. Mais, comme tout être s’endort paisiblement lorsque sa journée a été bien remplie, la fin de la vie ne peut être qu’un repos bien mérité encore faut-il avoir combattu en toute conscience pour sa vie.
 
Pour finir, voici un extrait du livre « les vrais bonheurs » de Christian Signol. Cet écrivain nous fait voyager vers l’essentiel, redécouvrir le monde et la beauté infinie de la vie.
 
« J’ai toujours pensé que la beauté du monde était destinée à nous faire oublier la brièveté tragique de nos vies. Peut-être un cadeau de Dieu, s’il existe, comme je l’espère, dans sa grande commisération. Mais nous n’en sommes pas conscients, hélas ! Non seulement nous infligeons à cette terre qui nous porte les pires blessures, mais aussi et surtout nous nous conduisons vis-à-vis d’elle comme des étrangers –parfois même des ennemis- et nous ne savons plus voir à quel point elle est belle. Par exemple en nous livrant en brefs éclairs ces promesses d’éternité qui jaillissent d’un miroitement de feuilles de trembles dans le soleil, d’un tapis de coquelicots ondulant dans le velours des blés, d’une épaule de forêt appuyée contre le bleu du ciel, ou de la danse des flocons de neige papillonnant dans la nuit.
C’est pourquoi, moi qui crois sincèrement que la sensation du bonheur est intimement liée à la sensation d’éternité, je n’ai jamais coupé le lien qui s’est noué dans mon enfance avec le monde naturel. D’instinct. Comme s’il y allait de ma survie, pour le moins de mon bonheur de vivre.
 
« Quand j’ai appris que Jacques Brel se sachant malade avait choisi de se retirer aux Marquises, il m’a semblé comprendre pourquoi. Car il est vrai que les îles sont propices à l’isolement et à la solitude et que dans la solitude, comme le disait Giono, on ne rencontre que soi-même. C’est l’affrontement suprême : se mesurer à soi, s’accepter ou se perdre. De ce combat-là on ne sort pas intact, mais si on y survit, c’est pour toujours. Et il n’y a que les îles qui permettent de le livrer,  des îles qu’on trouve aussi bien, d’ailleurs, dans le bleu du ciel que dans les forêts.

 

Par Sensa - Publié dans : Sensa écrit
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Mon île

Mon île
J’ai fait un rêve merveilleux
Un brin de terre où tout est bleu
Une brise marine, une eau si claire
Le soleil brille en plein hiver

C’est une île un peu sauvage
Une île verte, une île vierge
Sa nature un peu animale
Repousse les ombres du mal

Une île où les branches des arbres
S’élèvent si haut dans le ciel
Qu’elles viennent toucher les nuages
Pour se perdre dans les étoiles

Protégée par un mur de pierre
Qui l’entoure et qui l’enchaîne
Elle sait vibrer, elle sait pleurer
Quand viennent gronder les tambours

Déchaînés par le feu ardent
Qui brûle dans nos corps d’amants
Tes bras me serrent et m’ensorcellent
Parfois j’ai si peur de te perdre

Mon île à moi, mon île c’est toi
Quand toutes les nuits dans tes bras
Sous la tempête et sous la pluie
Quand un seul souffle nous unit

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