"Tout ce que nous craignons, c'est de perdre ce que nous possédons, qu'il s'agisse de notre vie ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous comprenons que notre histoire et l'histoire du monde ont été écrites par la même Main" (P. Coelho)
| Novembre 2009 | ||||||||||
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Aujourd'hui, j’étais soudain prise de panique à l’idée que tout ce que je venais de vivre et le sens que je voulais donner n’était en fait que le fruit de mon imagination et mon obstination à vouloir expliquer ma vie en inventant de petits scénarios. L’imaginaire venait de remplacer la réalité des choses et des évènements. Je me retrouvais seule soudain, orpheline de père, de mère, du monde qui m’entoure ; l’espace redevenait vierge, inconnu, étranger, inhospitalier, prêt à me sauter au visage sans que je puisse en prévoir l’assaut.
Et si, à l’heure ou j’écrivais ces lignes, tout était terminé sans que j’en comprenne le sens. Mais qu’avais-je donc à m’avouer qui m’effrayait autant et qui m’empêchait d’y voir clair.
Peut-être conviendrait-il de me détacher de tout ceci, de prendre enfin ma liberté et vivre tout simplement ce que j’ai à vivre.
Il conviendrait donc que je renonce au sens et que je réapprenne à voir, à diriger librement mes actes en faisant des choix de vie, tout en restant consciente que ces choix porteront sur les hasards qui se présenteront ; il conviendrait que je redevienne maître de mon navire.
Je compris soudain que j’étais bien en vie, avec mes doutes, mes angoisses ; je venais d’émerger de ce que j’avais nommé la nuit de l’esprit. La nuit de l’esprit n’était pas une vie dénuée de sens mais bel et bien une vie imaginaire. Une maladie sournoise qui brouille les pistes ; elle nous fait vivre toute une vie comme si nous vivions enchaîné dans une prison sans en avoir conscience. La clairvoyance avait remplacé la nuit mais je n’étais pas prête à arrêter d’espérer. Pourtant il le fallait.
« O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible » (Pindare, 3ème
Pythique).
Sensa