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Jeudi 6 septembre 2007

Aujourd'hui, j’étais soudain prise de panique à l’idée que tout ce que je venais de vivre et le sens que je voulais donner n’était en fait que le fruit de mon imagination et mon obstination à vouloir expliquer ma vie en inventant de petits scénarios. L’imaginaire venait de remplacer la réalité des choses et des évènements. Je me retrouvais seule soudain, orpheline de père, de mère, du monde qui m’entoure ; l’espace redevenait vierge, inconnu, étranger, inhospitalier, prêt à me sauter au visage sans que je puisse en prévoir l’assaut.

 

Et si, à l’heure ou j’écrivais ces lignes, tout était terminé sans que j’en comprenne le sens. Mais qu’avais-je donc à m’avouer qui m’effrayait autant et qui m’empêchait d’y voir clair.

 

Peut-être conviendrait-il de me détacher de tout ceci, de prendre enfin ma liberté et vivre tout simplement ce que j’ai à vivre.

Il conviendrait donc que je renonce au sens et que je réapprenne à voir, à diriger librement mes actes en faisant des choix de vie, tout en restant consciente que ces choix porteront sur les hasards qui se présenteront ; il conviendrait que je redevienne maître de mon navire.

 

Je compris soudain que j’étais bien en vie, avec mes doutes, mes angoisses ; je venais d’émerger de ce que j’avais nommé la nuit de l’esprit. La nuit de l’esprit n’était pas une vie dénuée de sens mais bel et bien une vie imaginaire. Une maladie sournoise qui brouille les pistes ; elle nous fait vivre toute une vie comme si nous vivions enchaîné dans une prison sans en avoir conscience. La clairvoyance avait remplacé la nuit mais je n’étais pas prête à arrêter d’espérer. Pourtant il le fallait.

 

« O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible Â» (Pindare, 3ème Pythique).

Sensa

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Mon île

Mon île
J’ai fait un rêve merveilleux
Un brin de terre où tout est bleu
Une brise marine, une eau si claire
Le soleil brille en plein hiver

C’est une île un peu sauvage
Une île verte, une île vierge
Sa nature un peu animale
Repousse les ombres du mal

Une île où les branches des arbres
S’élèvent si haut dans le ciel
Qu’elles viennent toucher les nuages
Pour se perdre dans les étoiles

Protégée par un mur de pierre
Qui l’entoure et qui l’enchaîne
Elle sait vibrer, elle sait pleurer
Quand viennent gronder les tambours

Déchaînés par le feu ardent
Qui brûle dans nos corps d’amants
Tes bras me serrent et m’ensorcellent
Parfois j’ai si peur de te perdre

Mon île à moi, mon île c’est toi
Quand toutes les nuits dans tes bras
Sous la tempête et sous la pluie
Quand un seul souffle nous unit

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