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Livres

Lundi 16 avril 2007

Paul Claude Racamier "L'Antoedipe"

"Trouver un semblant d'identité dans le déni de ses propres origines est une constante acrobatie. Un leurre dites vous? Certes, mais le quitter c'est perdre le peu que l'on a. C'est ainsi que j'ai vu des patients pris de vertige devant le vide existentiel qu'ils rencontrent lorsqu'ils commencent à déposer les frusques de leur faux moi. Il serait déraisonnable de trembler avec eux, mais désinvolte de les pousser en avant sans mesurer leur peur. Et cela, d'autant que ce sujet qui descend à la recherche de soi, non seulement abandonne le manteau de la grandiosité, mais va devoir reconnaitre que ses parents l'ont trompé. Il va prendre la mesure d'une mère qui l'a discrédité, tout en le hissant sur un trône illusoire. Une imense rage l'habite, qui l'épouvante. Cette rage meurtrière lui fait d'autant plus peur que la mère implacable qui l'a nourrie se donnait incessament pour fragile. ... . Quand on a volé aux altitudes de l'antoedipe enivrant, non seulement les générations paraissent futiles ou effrayantes, et les détails de la vie inconsistants ou monstrueux, mais les affects les plus communs peuvent souffler comme des ouragans dévastateurs".

Par Sensa
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Samedi 28 avril 2007

Passeur de vies

Jacques Salomé "Passeur de vies"

"Je me vois plus comme un passeur, un éveilleur, qu'un guerrier. Mais il est vrai que les combats les plus durs que j'ai menés furent contre moi-même. Guerrier intérieur, combattant de l'intime, affrontant mon double en miroir, jusqu'au désespoir parfois. La désespérance et l'enthousiasme cohabitent au quotidien en moi ! Je pense aussi que tout événement contient des cadeaux. Un accident, une maladie, un cataclysme personnel (la perte d'un être aimé), quand on sait entendre le sens et le restituer dans une histoire de vie, débouche souvent sur une conscientisation plus positive. Je m'identifie à ces archéologues qui grattent, nettoient, comparent, rassemblent, ajustent des bribes de poteries, de tablettes, de sculptures éparpillées sur des siècles d'oubli. Nous sommes sans cesse en devenir."

Par Sensa
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Samedi 2 juin 2007

Boris Cyrulnik "Parler d'amour au bord du gouffre"

Ce livre de Boris Cyrulnik est un espoir de vie pour tous ceux qui, après avoir subi un traumatisme, ont perdu tout espoir de vie. Je souhaite en citer un passage qui était resté pour moi obscur à première lecture.  Aujourd'hui, il prend sens. Lorsque je me retourne sur mon passé (mon ancien blog), je comprends pourquoi je m'étais lancée dans cette aventure il y a deux ans bientôt. Mon dernier article de ce blog intitulé "le point final" se termine par une mise au monde, la mise au monde d'un désir d'enfant latent. Romain est né le 10 mai 2007, deux ans après. Aujourd'hui, je ne sais pas encore ce qui me pousse à continuer cette aventure sur ce nouveau blog ouvert en 2006 si ce n'est cette intime conviction que je n'ai pas encore écrit le dernier chapitre.

"C'est étrange comme les choses prennent du sens lorsqu'elles finissent... c'est là que l'histoire commence. On parle, on parle, et les mots se succèdent, mais ce n'est que lorsque la musique de la voix prépare au point final que l'on comprend enfin vers quoi ils nous entraînaient. On vit, on vit, et les faits s'accumulent, mais ce n'est que lorsque le temps nous permet de nous retourner sur nous-même que l'on saisit enfin vers quoi notre existence tendait. L'émergence du sens n'est possible que parce qu'en se succédant les mots meurent les uns aux autres. Quand l'enfance s'éteint, on en fait un récit et quand la vie se meurt, on découvre pourquoi il a fallu la vivre.

C'est le temps qui nous fait naître au sens. Je devrais dire : c'est la représentation du temps, la manière dont je me rappelle mon passé pour agencer mes souvenirs et me délecter de mes rêveries qui imprègnent de sens ce que je perçois. Le récit que je me fais de ce qui m'est arrivé et le tableau que je compose du bonheur espéré introduisent en moi un monde qui n'est pas là, qui n'est pas présent et que pourtant j'éprouve intensément."

 

Par Sensa
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Mon île

Mon île
J’ai fait un rêve merveilleux
Un brin de terre où tout est bleu
Une brise marine, une eau si claire
Le soleil brille en plein hiver

C’est une île un peu sauvage
Une île verte, une île vierge
Sa nature un peu animale
Repousse les ombres du mal

Une île où les branches des arbres
S’élèvent si haut dans le ciel
Qu’elles viennent toucher les nuages
Pour se perdre dans les étoiles

Protégée par un mur de pierre
Qui l’entoure et qui l’enchaîne
Elle sait vibrer, elle sait pleurer
Quand viennent gronder les tambours

Déchaînés par le feu ardent
Qui brûle dans nos corps d’amants
Tes bras me serrent et m’ensorcellent
Parfois j’ai si peur de te perdre

Mon île à moi, mon île c’est toi
Quand toutes les nuits dans tes bras
Sous la tempête et sous la pluie
Quand un seul souffle nous unit

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