Paul Claude Racamier "L'Antoedipe"
"Trouver un semblant d'identité dans le déni de ses propres origines est une constante acrobatie. Un leurre dites vous? Certes, mais le quitter c'est perdre le peu que l'on a. C'est ainsi que j'ai vu des patients pris de vertige devant le vide existentiel qu'ils rencontrent lorsqu'ils commencent à déposer les frusques de leur faux moi. Il serait déraisonnable de trembler avec eux, mais désinvolte de les pousser en avant sans mesurer leur peur. Et cela, d'autant que ce sujet qui descend à la recherche de soi, non seulement abandonne le manteau de la grandiosité, mais va devoir reconnaitre que ses parents l'ont trompé. Il va prendre la mesure d'une mère qui l'a discrédité, tout en le hissant sur un trône illusoire. Une imense rage l'habite, qui l'épouvante. Cette rage meurtrière lui fait d'autant plus peur que la mère implacable qui l'a nourrie se donnait incessament pour fragile. ... . Quand on a volé aux altitudes de l'antoedipe enivrant, non seulement les générations paraissent futiles ou effrayantes, et les détails de la vie inconsistants ou monstrueux, mais les affects les plus communs peuvent souffler comme des ouragans dévastateurs".


