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Samedi 5 mai 2007

 La Conception et le Désir

(par Bernard Giossi - Regard Conscient)

Résumé : Le désir d'enfant est saisi par nos souffrances relationnelles. L'être qui naît d'un tel désir est alors chargé d'un destin douloureux.

À l'origine de toute naissance, il y a la femme qui accueille la semence qui jaillit de l'homme et conçoit l'enfant. Concevoir a pour sens premier contenir entièrement. La femme est par essence féconde et capable de former la vie en elle.

Dès son introduction dans le français courant (XIIe), concevoir va être investi du sens abstrait de se représenter par la pensée puis de former dans son esprit et dans son imagination. Le latin chrétien, dont il est issu, est la langue des moines lettrés, du clergé et du pouvoir. Ces moines et ces prêtres ont fait vœu de chasteté et, associant la femme avec le péché originel, ils dénient l'importance vitale d'être en relation avec la femme. Humilier et repousser celle qui est essentiellement créatrice de vie c'est nier la vie elle-même et sa manifestation la plus proche de la vérité: l'enfant. Il leur faut donc impérativement déplacer la vie et son sens vers ce qui leur reste et qu'ils se sont appropriés afin d'établir leur pouvoir, vers la pensée.

 

La vie de l'enfant comme compensation

 

Cette association artificielle, mais imposée dans le langage comme réelle, a des conséquences qui aujourd'hui encore empoisonnent la vie (1). Au fil des siècles, l'évidence de l'enfant dès qu'un homme et une femme sont dans un rapprochement, que celui-ci soit tendre, brutal ou violent, fait place à l'idée qu'on se fait de la relation. L'enfant est alors investi de ce que la femme a ou n'a pas vécu avec l'homme; en fait, de ce qu'elle a ou n'a pas vécu avec sa propre mère et son propre père. La conception et l'enfant sont vécus comme liés à la relation - et donc à la souffrance - et non à la vie.

L'enfant est la vie, qui est essentielle, mais l'adulte le veut, le voit, le conçoit comme une compensation*. Dès son enfance, le futur adulte est éduqué à se concevoir comme il a été conçu: réduit à n'être qu'un objet de compensation de la souffrance relationnelle de ses parents. Pour l'adulte inconscient, il y a une souffrance, un besoin d'extérioriser celle-ci tout en la compensant et donc un objet-support. Concevoir l'autre comme un objet c'est d'abord se concevoir soi-même comme un objet, puis projeter sur l'autre ce qu'on croit être, ce à quoi l'on s'est identifié. On n'invente rien; on saisit en soi-même ce qui doit être vu et qui est tu, et on le projette sur l'autre pour le voir et le reconnaître, cela pour autant qu'il y ait une volonté de conscience.

 

*Compensation
Mode relationnel dans lequel une personne est assignée à un rôle: celui de soulager, parfois par sa seule présence, la souffrance refoulée d'une autre personne. Imposé à l'enfant, ce mode relationnel est générateur de névroses.

Le désir d'enfant est généralement pris dans cette empreinte que l'enfant sera la joie, le réconfort et le soutien du parent, là où ce dernier n'a lui-même pas été accueilli ni reconnu. Le désir d'enfant, et donc le désir de vie, est tout entier dans la sexualité qui est l'acte de création de la vie. La sexualité devient forcément un lieu privilégié de rejouement et de compensation de la non-ouverture, du non-accueil et de la non-présence de la mère. L'homme cherche désespérément (ou renonce à chercher) une ouverture et un accueil de sa mère entre les bras et les cuisses de la femme. La femme les lui refuse (ou les lui offre) car il est injuste que son corps soit regardé et pris comme un objet de compensation. Enfermés dans leur souffrance, tous deux perdent de vue l'essentiel: la puissance de création de la vie dont ils sont dépositaires et responsables devant l'humanité.

La sexualité est vécue dans l'inconscience

 

Les adultes sont peut-être conscients qu'il créent la vie, ils compensent alors leur souffrance dans la sexualité et en créant la vie; ou peut-être ne cherchent-ils qu'une compensation urgente, souvent inconscients qu'ils créent la vie. L'enfant est conçu comme une compensation mais il n'en est pas une, il ne comprend pas ce qui se rejoue-là. La mère voit en l'enfant une compensation de sa souffrance et ne comprend pas qu'il se comporte différemment de ses attentes... d'où la nécessité de l'éduquer, de le soumettre au rôle qu'elle lui destine et qu'il s'y tienne.

Faute de reconnaissance de sa jouissance d'être consciente, puis de sa féminité et donc de sa jouissance d'être femme, la fille puis la femme vit très souvent la virilité puis le sexe de l'homme comme une menace puis une intrusion dans son intimité. L'intrus est celui qui s'introduit sans droit. Faute de reconnaissance et de conscience, ce que l'homme fait en elle - il se masturbe dans son sexe - est donc injuste et inexact. Ce que l'homme abandonne en elle - le sperme - ne devrait pas être là, c'est donc le résultat d'une faute (défaut de conscience) : un déchet relationnel.

 

Après avoir été la poubelle émotionnelle de ses parents (2), la femme se vit comme un exutoire pour la décharge-compensation de l'homme. L'homme décharge-éjacule et la conséquence est la création de la vie, l'enfant. L'enfant est désormais pris comme support des causes et des conséquences de la souffrance relationnelle: l'enfant est identifié à ce qui fait souffrir. En lieu et place de l'émerveillement et de la joie de chaque instant que devrait être la reconnaissance d'être créatrice de vie, il y aura donc une séquence épouvantable, prémisse à la venue de l'enfant : la soumission à la compensation par la sexualité - la fécondation ressentie, inconsciemment ou non, comme une souillure - la transformation du corps féminin vécue dans le malaise avec un corps lourd, encombrant, handicapant et douloureux - le moment de la naissance enveloppé par l'angoisse de la déchirure physique et de la mort.

 

L'immense présence de vitalité et d'amour de l'être naissant est ainsi enfermée d'avance dans ce projet de réduction et de consommation qu'est la compensation de la souffrance. Dès la naissance, la mère va mettre en oeuvre ce qu'il faut de projections, d'identifications et d'exigences pour que le bébé devienne très vite semblable à ce qu'elle a imaginé et qu'il lui donne ce qu'elle conçoit être satisfaisant. La conception de son enfant est très similaire à celle qui fut la sienne; avec des variantes, elle remet inconsciemment en scène sa propre histoire, nourrie par la force de vie et de conscience de son nouveau-né.

 

Bernard Giossi

Notes: (1) Le Dictionnaire historique de la langue française précise même : « Le sens intellectuel de faculté de concevoir et, par métonymie, le résultat de cette action, maintient souvent le lien apparent entre création physique et mentale » (Le Robert, Paris 1998). (2) Cette métaphore désigne la manière dont l'enfant devient le réceptacle non consentant des émotions de l'adulte, lire Regard conscient No 2, mai 2002.

 

 

 

 

 

Par Sensa
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Mardi 3 juillet 2007

Le moment de l'aurore

Pendant le Forum économique de Davos, Shimon Peres, Prix Nobel de la paix, a ractonté l'histoire qui suit. Un rabbin réunit ses élèves et demanda :

"Comment savons-nous le moment précis où la nuit s'achève et où le jour commence ?
"Quand de loin nous pouvons distinguer une brebis d'un chien", dit un jeune garçon.
"En réalité, dit un autre élève, nous savons qu'il fait jour quand nous pouvons distinguer, de loin, un olivier d'un figuier".
"Ce n'est pas une bonne définition".
"Quelle est la réponse alors ?" demandèrent les gamins.

Et le rabbin dit :

"Quand un étranger s'approche, nous le confondons avec notre frère, et les conflits disparaissent, voilà le moment où la nuit prend fin et où le jour commence".

(Extrait du livre "Comme le fleuve qui coule") de Paulo Coelho

Par Sensa
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Vendredi 13 juillet 2007

"Même si je parle la langue des hommes et des anges ; même si j'ai le don de prophétiser et une foi à transporter des montagnes, sans l'amour, je ne serais rien" (Paulo Coelho). 

 

 

Par Sensa
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Dimanche 22 juillet 2007

Tout à coup elle avait peur…

« Elle serra le lingot de toutes ses forces entre ses mains, se releva, mais soudain faible et désespérée, elle retomba à genoux, remit le lingot dans le trou et le couvrit de terre. Non, elle ne pouvait pas l’emporter. Ce n’était pas une question d’honnêteté, en fait tout à coup elle avait peur.

Elle venait de se rendre compte qu’il existe deux choses qui empêchent une personne de réaliser ses rêves : croire qu’ils sont irréalisables, ou bien, quand la roue du destin tourne à l’improviste, les voir se changer en possible au moment où l’on s’y attend le moins.

En effet, en ce cas surgit la peur de s’engager sur un chemin dont on ne connaît pas l’issue, dans une vie tissée de défis inconnus, dans l’éventualité que les choses auxquelles nous sommes habitués disparaissent à jamais.

Les gens veulent tout changer et, en même temps, souhaitent que tout continue uniformément.

Chantal ne comprenait pas très bien ce dilemme, mais elle devait maintenant en sortir.

Il est toujours plus facile de croire à sa propre bonté que d’affronter les autres et de lutter pour ses droits personnels. Il est toujours plus facile de recevoir une offense et de ne pas y répondre que d’avoir le courage d’affronter un adversaire plus fort que soi. Nous pouvons toujours dire que nous n’avons pas été atteints par la pierre qu’on nous a lancée, c’est seulement la nuit –quand nous sommes seuls et que notre femme, ou notre mari, ou notre camarade de classe est endormi-, c’est seulement la nuit que nous pouvons déplorer en silence notre lâcheté.

Je pense que tout le monde a peur des changements. Les habitants de Bescos veulent tous que leur village soit comme il a toujours été : un endroit où l’on cultive la terre et élève du bétail, qui réserve un accueil chaleureux aux touristes et aux chasseurs, mais où chacun sait exactement ce qui va se passer le lendemain et où les tourmentes de la nature sont les seules choses imprévisibles. C’est peut-être une façon de trouver la paix, encore que je sois d’accord avec toi sur un point : tous sont d’avis qu’ils contrôlent tout, mais ils ne contrôlent rien.

En fin de compte, c’est un choix de vie comme un autre, bien qu’il soit stupide de croire que l’on peut contrôler le monde, se réfugiant dans une sécurité illusoire qui empêche de se préparer aux vicissitudes de la vie. Au moment où l’on s’y attend le moins, un tremblement de terre fait surgir des montagnes, la foudre tue un arbre qui allait reverdir au printemps, un accident de chasse met fin à la vie d’un homme honnête. »

« Le Démon et mademoiselle Prym » - Paulo Coelho

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Sensa
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Vendredi 3 août 2007

"Utilisez le taille-crayon"

Paulo Coelho "Comme le fleuve qui coule"

La vie est faite de renoncements. Accepter la souffrance comme nous acceptons aussi les bonnes choses de l'existence.
"Le grand père cessa d'écrire, sourit, et déclara à son petit fils : J'écris sur toi, c'est vrai. Mais plus important que les mots est le crayon que j'utilise...... Il y a en lui cinq qualités qui feront de toi, si tu parviens à les garder, une personne en paix avec le monde" :
Première qualité : tu peux faire de grandes choses mais tu ne dois jamais oublier qu'il existe une Main qui guide tes pas. Cette main, nous l'appelons Dieu, et il doit toujours te conduire vers Sa volonté.
Deuxième qualité : de temps à autre je dois cesser d'écrire et utiliser le taille-crayon. Le crayon souffre un peu, mais à la fin il est mieux aiguisé. Par conséquent, sache supporter certaines douleurs, car elles feront de toi une meilleure personne.
Troisième qualité : le crayon nous permet toujours d'utiliser une gomme pour effacer nos erreurs. Comprends que corriger une chose que nous avons faite n'est pas nécessairement un mal, mais que c'est important pour nous maintenir sur le chemin de la justice.
Quatrième qualité : ce qui compte vraiment dans le crayon, ce n'est pas le bois ou sa forme extérieure, mais le graphite qui se trouve à l'intérieur. Par conséquent, prends toujours soin de ce qui se passe en toi.
Enfin, la Cinquième qualité du crayon : il laisse toujours une marque. De même, sache que tout ce que tu feras dans la vie laissera des traces, et efforce toi d'être conscient de tous tes actes.
"

Par Sensa
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Mon île

Mon île
J’ai fait un rêve merveilleux
Un brin de terre où tout est bleu
Une brise marine, une eau si claire
Le soleil brille en plein hiver

C’est une île un peu sauvage
Une île verte, une île vierge
Sa nature un peu animale
Repousse les ombres du mal

Une île où les branches des arbres
S’élèvent si haut dans le ciel
Qu’elles viennent toucher les nuages
Pour se perdre dans les étoiles

Protégée par un mur de pierre
Qui l’entoure et qui l’enchaîne
Elle sait vibrer, elle sait pleurer
Quand viennent gronder les tambours

Déchaînés par le feu ardent
Qui brûle dans nos corps d’amants
Tes bras me serrent et m’ensorcellent
Parfois j’ai si peur de te perdre

Mon île à moi, mon île c’est toi
Quand toutes les nuits dans tes bras
Sous la tempête et sous la pluie
Quand un seul souffle nous unit

Photos

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