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7 semaines et 1/2

Mardi 26 juin 2007

Nous sommes le monde…

Aujourd’hui, lundi, le ciel est b leu et la chaleur commence à se faire sentir alors qu’il n’est que 7 h 30 du matin. J’attends Dominique qui doit venir me récupérer devant chez moi. Je ne connais cet homme que par la voix au téléphone. C’est le taxi qui va accompagner mes petits voyages quotidiens à l’hosto pendant 7 semaines et demi. Cela fait déjà plus de 25 ans qu’il accompagne des malades à l’Hôpital.

Après avoir fait connaissance, je suis déjà convaincue que c’est une personne très sympa, je ne pouvais pas tomber mieux. Il est d’origine Corse et se rend trois fois par an à l’Ile Rousse dans sa maison familiale pour se ressourcer. Cet homme d’une soixantaine d’années je pense est plein de vie et, après trois quart d’heure de route à ses côtés dans sa vieille Mercedes (il n’a pas la clim), j’ai senti mon potentiel énergétique plus élevé. J’ai oublié où j’allais et qui j’étais ; curieuse de connaître ce personnage qui, de phrase en phrase, se confie à moi d’une manière si spontanée que j’ai l’impression de l’avoir déjà connu dans une autre vie.

J’ai l’impression que le temps est plus long, plus dense, que les minutes sont plus enrichies. Je suis surprise qu’il ne prenne pas l’autoroute, il ne dépasse pas le 60 à l’heure et soudain, je comprends.  Je comprends que cet homme vie hors du temps, il est en quelque sorte « d’un autre monde ». Il a su vivre hors de ce temps où la vie n’a aucune place, aucun sens. Il a réussi, à sa manière, à « apprivoiser » le temps, celui qui nous échappe sans que nous en ayons conscience.

A son contact, mon propre temps a pris une toute autre couleur, une autre profondeur, je me retrouve dans une autre dimension. Je réussis à me fondre dans son espace temps jusqu’à oublier tout mon être ; s’oublier pour se fondre dans l’instant présent et « être » tout simplement pour coller au plus près de la vie.

Je ne peux m’empêcher de penser au texte de Paulo Coelho : « une journée au moulin » issu de son livre « comme un fleuve qui coule ». En voici quelques lignes :

« ma vie, en ce moment, est une symphonie composée de trois mouvements distincts : « beaucoup de monde », « quelques uns », « personne ou presque »… « Beaucoup de monde » c’est lorsque je suis en contact avec le public, les éditeurs, les journalistes. « Quelques uns » c’est lorsque je vais au Brésil, retrouver mes vieux amis, me promène sur la plage de Copacabana, prends part à quelques mondanités, mais en général reste chez moi. »

Pour « Personne ou presque », c’est le temps qu’il passe dans son vieux moulin, solitaire, au contact de la nature.

Après lecture, je comprends qu’il est sans doute une erreur de demeurer dans le même « mouvement » ou bien « espace temps » pour ce qui me concerne car cela nous rend forcément aveugle. C’est comme si nous restions figés sur le versant nord d’une montagne sans jamais en atteindre le sommet. Nous n’en verrons jamais le versant sud ni n’en éprouverons les vertiges que nous procure la satisfaction de voir à 360 ° lorsque que nous atteignons le sommet.

Il est vrai que la contrepartie de cette expédition est le risque de chute, de doute, d’incertitude du lendemain, mais lorsque notre âme se fige aux altitudes de notre potentiel de vie, lorsqu’elle sait se connecter aux seules pulsations vitales, la peur, le danger, le doute et la mort n’existent plus car nous sommes connectés à l’essence même de la vie.

Demeurer au contact du temps qui nous étouffe ne nous laisse que peu de temps ou p&as du tout pour apprécier la vie et ses richesses, la nature, les relations humaines, tout ce qui nous ressource et augmente notre potentiel de vie. Je comprends désormais que dans cet espace temps, il est très difficile d’être soi-même et même impossible. En quelque sorte, il est impossible « d’être en vie » alors que nous pensons être entourés de vie. Je repense à ce que j’avais écrit il y a quelques temps, qu’il y avait plus de morts sur terre que dans les cimetières.

Etre en vie ce n’est pas regarder le monde, les gens en gardant toute une vie la même paire de lunettes mais simplement comprendre que nous faisons partie de ce monde et que nous en sommes une minuscule partie, il convient d’être humble. De notre état de spectateur du monde, nous devons devenir acteur. En fin de compte, nous sommes acteur de ce monde.

Pour finir, je pense que nous sommes Le Monde, avec toutes ses richesses aussi, dans cette dimension, le soleil devient plus brillant, sa chaleur plus douce, ses rayons ne sont là que pour nous, le vent vient caresser notre âme et la rend meilleure, les gouttes de pluie viennent se poser sur nous pour réveiller nos sens, l’herbe devient plus verte et nous apprécions le ciel gris comme nous apprécions le ciel bleu.

Ce monde existe, il est là, devant mes yeux, et me tend la main depuis toujours…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sensa

 

 

 

Par Sensa
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Vendredi 29 juin 2007

L'ivresse de l'altitude...

Hier, j'ai réussi à gravir une montagne. Je ne voulais pas rester sur le versant Nord toute ma vie.

En arrivant au sommet, après une si longue marche, j'ai été prise de vertiges ; sans doute l'ivresse de l'altitude me suis-je dis, qui m'a transporté dans une autre dimension. De ce point de vue, mon champ de vision s'est agrandi pour atteindre 360 °. J'ai pu voir l'autre versant, le Sud, avec ses couleurs, sa chaleur.

Puis, j'ai vu au loin ce "Fleuve" qui devenait de plus en plus prôche et s'approchait lentement depuis quelques jours. Les nuages se sont dissipés et j'ai eu envie d'y plonger pour purifier mon âme, la rendre meilleure, la ranimer, la réchauffer. Mon esprit fut saisi d'une sensation nouvelle, je tremblais intérieurement mais cela ne se voyait pas.

Attirée par ce lieu inconnu, j'ai hésité un instant et n'ai pu y plongé que mon regard. L'espace d'une seconde, mes yeux ont vu alors pour la première fois, c'était doux, c'était profond, et j'aurais pu y descendre tout au fond et m'y perdre.

Quand soudain, j'ai relevé la tête de l'eau, non sans peine. Mes yeux étaient secs bien que des larmes invisibles coulaient dans mon coeur tout en carressant mon âme. J'étais seule et sereine.

Par Sensa
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Mercredi 11 juillet 2007

 « Le bon combat »

Il y a quelques mois, j’ai compris qu’il n’y avait pas de hasard et que toute coïncidence devait nous interpeller. Aussi, mon esprit a appris à retenir et à ne pas passer à côté de ces coïncidences et à chercher à les traduire.

Ce matin, j’ai cru comprendre le sens qui m’avait poussé à relire « le pèlerin de Compostelle» de Paulo Coelho depuis quelques jours. Il est question d’une épée. L’auteur est en quête de cette épée, perdue par égoïsme, qui va lui conférer selon lui un certain pouvoir. Le maître de Paulo lui indique qu’ il peut utiliser cette épée pour se protéger, pour se défendre mais celle-ci peut aussi se retourner contre lui s’il ne sait pas mener « le bon combat ».

J’ai réfléchi et me suis demandée quel était ce « bon combat » et si je n’étais pas moi-même en quête de cette épée.

Hier après midi, en discutant avec mon médecin,  ce dernier évoque soudain une épée dans son discours. Mon esprit n’a pu occulter ce que je venais de lire. Ne croyant plus au hasard, je me suis demandée à cet instant si l’épée en question n’était pas celle de Paulo et si je n’avais pas déjà découvert cette épée.

Mon docteur me parlait de l’épée de Damoclès, celle que nous rencontrons parfois lorsque nous sommes atteint d’une maladie. Il convient d’apprendre à vivre avec et il me disait que cela pouvait être difficile mais que le temps nous aide à oublier cette épée et à vivre avec.

Alors qu’il me parlait, mon esprit était ailleurs. Cette épée qu’il évoquait, je n’en étais pas la seule détentrice car tout homme vit avec cette épée mais certains n’ont pas eu l’occasion de la voir. Nous pouvons tous mourir du jour au lendemain et la plupart nous vivons « comme si nous devions toujours vivre » (Sénèque).

Mon docteur se trompait, avait-il lui-même déjà vu sa propre épée ? Je ne le pense pas.

J’ai compris alors ce que disait le maître de Paulo. L’épée peut se retourner contre soi si on ne mène pas le « bon combat ». Rester aveugle est dangereux car si l’épée se détache, on ne peut l’éviter. Rester vigilent et conscient de cette épée, qu’elle peut à tout moment se détacher et nous traverser est une force car elle nous permet de rester en vie et de vivre ce que notre intuition nous dicte ; cette épée nous aide à mener le bon combat, celui qui consiste à suivre notre chemin et ne jamais s'en écarter. Cette épée est une force, le pouvoir dont Paulo est en quête dans son livre ?

La vie est faite de renoncements. J’ai renoncé à vouloir en connaître la fin et finalement j’ai hâte de connaître chaque jour car chaque jour est un enseignement. 7 semaines et demi est mon chemin pour découvrir et chercher ce que je dois connaître déjà car on ne peut chercher que ce que nous savons déjà.

J’ai pris conscience de cette épée. Cette épée est devenue une alliée pour mener le bon combat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Sensa
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Jeudi 12 juillet 2007

De la Corse au quotidien

Depuis maintenant deux semaines, je vis la Corse au quotidien. Lorsque mon pied franchit la porte de ce taxi, je sais déjà qu’une partie de moi-même est en Corse. Comme une exilée en liberté, je franchis tous les jours le continent pour retrouver cette terre sauvage où règne encore cet esprit de liberté qui fait que tout peut encore arriver, le meilleur comme le pire.

Je franchis le continent pour cette île magique et c’est un bol d’air pur qui remplit deux fois par jour mon espace intérieur. J’ai pu voir les pierres, les sangliers, les aiguilles qui pointent haut dans le ciel comme pour mieux en percer le mystère ; j’ai vu ce vieux village perdu à l’île Rousse, ces vieilles rues étroites que seuls les ânes ne peuvent fréquenter. Il paraît que les travaux de maçonnerie se font encore à dos d’âne car la voiture ne peut atteindre ces hauts lieux. Aussi, la matière première est transportée comme au siècle dernier et c’est ce qui fait le charme et l’attrait de ces villages pittoresques. Non seulement leur beauté émerveille et ouvre notre regard mais elle pénètre notre coeur car ils détiennent ce que nos villes modernes ont perdu, une âme.

Cette Corse, cette île, ce paradis perdu, est belle comme une fête, comme un sourire, comme une parole qui vient du cœur, c’est la victoire des choses et des hommes qui ont su préserver l’authenticité, la spontanéité, le franc parler, la droiture et l’honneur, c’est la victoire de l’humain.

Hier un miracle c’est produit, j’étais ivre alors que je n’avais consommé aucun alcool. Je marchais dans la rue et j’avais l’impression de flotter, de voler dans les rues de Marseille ; j’ai faillis perdre l’équilibre plusieurs fois comme si je voulais occuper tout l’espace et encore plus d'espace qu’il y en avait pour moi. Soudain, en rentrant chez moi, j’ai pris la route qui mène à Aubagne, je savais que je devais m’y rendre, quelqu'un avait pris rendez-vous pour moi et mon intuition me l’a fait savoir. Je me suis donc arrêtée à Aubagne, j’ai garé mon véhicule et me suis dirigée vers la place. Toujours cette ivresse qui m’envahissait, une béatitude devant tout ce qui m’entourait qui ne faisait qu’accentuer mon sourire jusqu’à me pousser à rire vraiment sans raison particulière.

J’ai survolé la place, emprunté une petite rue et me suis retrouvée dans le vieux Aubagne. Mon esprit fut soudain traversé par deux pensées : celle de faire les boutiques (ce qui justifiait ma venue) et celle de partir sur la gauche dans une vieille rue étroite qui débouchait sur un escalier. Avant de me décider, je me suis arrêtée pour m’acheter deux boules de glace artisanale, chocolat et chocolat coco. Et soudain, c’était une évidence, c’était à gauche que je devais aller. Je suis montée, au hasard sans réfléchir, j’ai repris à gauche, les rues rapetissaient de plus en plus, puis à droite une petite ruelle s’ouvrait devant moi. Le vent qui s’engouffrait dans la ruelle m’empêchait de manger ma glace, mes cheveux se mêlaient à ma glace et j’ai faillis les avaler si bien qu’il m’a fallu me retourner pour pouvoir manger cette glace. En me retournant, je fus saisie par la beauté du tableau qui se présentait devant mes yeux, une ruelle entourée de vieilles maisons et au milieu, le Garlaban dans toute sa splendeur rayonnait de plus belle. J’ai compris que le vent m’avait poussé à regarder ce que je ne voyais pas, il m’avait poussé à me retourner pour contempler ce tableau naturel, et je me suis mise à rire de plus belle. J’avais le visage et la bouche remplis de glace au chocolat que j’essayais d’enlever. J’ai continué à suivre mon intuition, je suis montée tout en haut jusqu’au vieux clocher qui pointait devant moi. Il y avait une fontaine à ses pieds et un petit escalier avec un petit muret. Je me suis assise sur le petit muret pour finir de déguster ma glace, deux vieilles dames discutaient à 50 mètres devant moi, une prenant de l’eau à la fontaine avec un arrosoir ; soudain, la vieille dame m’a salué, je fus saisie par la rareté de la chose. Je me trouvais à 50 mètres, derrière l’escalier et elle m’a vu. J’ai réalisé que je n’étais plus invisible et que mon attitude, ma joie de vivre avait conduite cette dame à me saluer.

J’ai relevé la tête en direction du clocher et les cloches se sont mises à sonner. Je savais tout au fond de moi que les cloches sonnaient pour moi. Je fus saisie par un sentiment de paix, de pur bonheur, de joie et d’enthousiasme que je ne connaissais pas ou peut-être était ce tout simplement un sentiment d’amour universel qui avait envahi tout mon être.

C’est peut-être cela être en amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Sensa
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Mercredi 25 juillet 2007

La vierge et l’enfant…

Je suis retournée voir cette Tour mais les marches de l’escalier étaient bien trop encombrées pour me parler. Une famille était là, le père, la mère et leurs enfants, leurs oncles sans doute ; ils étaient installés au pied de la Tour. Je les ai salués d’un sourire et je suis revenue sur mes pas, j’ai remonté la rue qui menait à l’église où j’avais rencontré le chat et les jeunes mariés. J’ai repensé à ce lien d’amour si fort qui les unissait.

A l’extérieur de l’Eglise, la statue du Christ était là, devant moi, et je me suis surprise à l’examiner. Que me disait ce Christ ? Soudain, j’ai pensé à ce tableau de la Vierge et l’enfant qui se trouvait à l’intérieur de l'Eglise Saint Sauveur. Je me suis avancée en direction de l’entrée mais il y avait là un corbillard ; je ne pouvais entrer par l’avant. J'aperçus derrière l’église une porte grande ouverte et une vieille dame. Je demandais à cette dame si elle savait où se trouvait le tableau de la vierge et l’enfant ? Elle me dit qu’une personne lui avait posé la même question dans la matinée et que ce tableau n’existait pas. Je fus un peu surprise. Mais, elle ajouta qu’il y avait la vierge et l’enfant dans la première chapelle sur la gauche.

Je me suis donc dirigée vers cette vierge en me disant que j’avais sans doute perdu la raison moi qui pensait être redevenue libre de toute croyance enfin en partie. J’avançais en direction de cette chapelle convaincue d’y trouver une réponse à une question que je ne me posais même pas. J’ai contemplé cette vierge, l’enfant qu’elle tenait dans ses bras, je n’ai rien demandé, j’ai regardé le petit tableau sur la gauche, et je me suis assise. Mais qu’étais je en train de faire ? Pourquoi me trouvais je là à contempler cette vierge moi qui n’entrais jamais dans une église. Soudain, j’ai pris deux euros dans ma poche, je les ai glissés dans l’urne et j’ai posé une lumière comme pour la remercier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Sensa
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Mon île

Mon île
J’ai fait un rêve merveilleux
Un brin de terre où tout est bleu
Une brise marine, une eau si claire
Le soleil brille en plein hiver

C’est une île un peu sauvage
Une île verte, une île vierge
Sa nature un peu animale
Repousse les ombres du mal

Une île où les branches des arbres
S’élèvent si haut dans le ciel
Qu’elles viennent toucher les nuages
Pour se perdre dans les étoiles

Protégée par un mur de pierre
Qui l’entoure et qui l’enchaîne
Elle sait vibrer, elle sait pleurer
Quand viennent gronder les tambours

Déchaînés par le feu ardent
Qui brûle dans nos corps d’amants
Tes bras me serrent et m’ensorcellent
Parfois j’ai si peur de te perdre

Mon île à moi, mon île c’est toi
Quand toutes les nuits dans tes bras
Sous la tempête et sous la pluie
Quand un seul souffle nous unit

Photos

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